Bordj-Ghedir à travers le temps...

Les parcelles d'informations qui ont servi de support pour la réalisation de ce document sont très éparses et peu homogènes, elles ne peuvent dans ce cas constituer un véritable document historique auquel on peut se fier. L'absence de références historiques et de documentation est un réel handicap pour réaliser un tel chantier. C'est le cas d'ailleurs de la plupart des petites villes d'Algérie qui à travers le temps a toujours été une région instable politiquement. Cependant il subsiste des périodes qu'il est plus facile d'évoquer en raison de véritables supports physiques, telles que les constructions et les ruines . A l'évidence c'est la présence romaine qui a laissé les traces les plus visibles à ce jour, et les vestiges que l'on trouve un peu partout témoignent de l'importance de Bordj-Ghedir à cette époque. On pense que c'était un carrefour important pour les armées romaines et les inscriptions existantes le confirment.

La période coloniale est également sûre en terme d'informations, car dès le début de l'occupation, l'armée et les autorités coloniales françaises ont établis une documentation administrative et mis en place un état-civil, même si celui-ci a été fait quelque fois avec rapidité et convenance linguistique et quelques fois par stratégie coloniale. On citera pour exemple la déformation de quelques noms de familles, ainsi que la découpe de certaines familles en deux nom différents alors qu'elles ont la même racine familialle. Pour exemple nous citerons les familles Hanachi et Boulaoued ainsi que la famille Torche qui à l'origine était Belatreche.

Nous commencerons donc notre exposé par la période romaine.

L'époque romaine :

Pour certains historiens, l'histoire de Bordj – Ghedir remonte bien loin dans le temps. Les découvertes en 1959 et 1962 de deux bassins taillés sont venues renforcer cette thèse. Pendant l'occupation romaine Bordj – Ghedir a constitué une attraction particulière compte tenu de sa position privilégiée entre plusieurs montagne, donc difficile d'accès et par conséquent inattaquable. C'était un carrefour qui donnait l'accès à Sitifis (Sétif), Cuicul (Djemila), Timgad et Lambèse (à coté de Batna).

En 202 Septime Severe craignant l'invasion de pillards, construisit de nombreux Castellum ( Poste fortifié, forteresse, ville fortifiée en latin) dans la plaine de Sitifis aux endroits présentant un intérêt stratégique, il y'en eu une quinzaine. L'un d'eux le «Castellum Cellense» fut établi sur l'actuel territoire de Bordj – Ghedir, on parle alors de Lemellef, pour d'autre Lemelé. Des recherches ont permis de trouver des documents évoquant Castel Lemelé, on pense qu'il s'agit probablement de Bordj – Ghedir.

Un évêché existait, et on y trouva les autels de Castus et de Florus. D'ailleurs le nom de Lemelé (quelquefois écrit Lémélé) est évoqué dans l'assassinat des diacres Donatus et Primus (tous deux numides), ceux-ci ont été massacrés sur l'autel même de la basilique.

On trouve les traces de Jacobus à Bordj – Ghedir qui y a été en tant qu'évêque, celui-ci chassé par les vandales a été arrêté aux environs de Constantine et tué à Lambèse.

Attention : Les noms évoqués ci-dessus peuvent facilement induire en erreur. Si vous faites des recherches essayez de bien les distinguer car Donatus, Primus etc.…sont des noms répandus. A l'époque romaine, on pouvait évidemment trouver des Donatus qui ont joués des rôles importants partout dans l'empire y compris en Yougoslavie ou en Grande – Bretagne. Ainsi pour réaliser cet écrit, nous avons consulté quelques évéchés et églises en France, en Suisse et en Italie. Donatus et Primus dont on parle ici ne sont pas des personnages d'une grande importance, seulement leur assassinat ayant marqué les ésprits avec les débuts du christianisme en a fait des martyrs et les a rendu donc célèbres.

Inscriptions Romaines

La période française :

La colonisation française pénétra pour la première fois à Bordj-Ghedir en 1881. Les premiers colons qui s'y installèrent étaient pour la plupart originaires du sud de la France avec quelques alsaciens. Les italiens occupés par les chantiers étaient nombreux, mais vu leurs qualifications, ils ne restaient pas longtemps et quittaient Bordj-Ghedir pour s'installer dans les villes.

En 1888, les colons français créèrent leur premier centre de regroupement et comme partout en Algérie ils s'emparèrent des meilleures terres qu'ils travaillèrent jusqu'à leur départ en 1962.

En 1893, J Blayac fit des prospections dans le bassin de Bordj – Ghedir, on aborda alors la mise en valeur des bancs de phosphate de chaux. L'exploitation de la mine était reliée à la gare d'El Anasser (Galbois) par un bicable de plus de 16km. Les exploitations sont arrêtées en 1930. L'abandon de cette mine avait plusieurs raisons : venues d'eau importantes, prix de revient assez élevé, faible rendement du gisement, difficultés d'abatage (roche dure) et de soulèvement (toit mauvais). Les travaux d'extraction dont on attendait beaucoup à l'époque de leur découverte, n'ont réalisé qu'une production totale de 700.034 tonnes.

Koubania: "La compagnie", mine de phosphate à Bordj-Ghedir. Il ne reste plus rien de cette construction.

Carte Michelin datant de 1962.

Depuis l'indépendance:

 

Maires de Bordj-Ghedir

Nom

Période

Benabid Hocine
De septembre à novembre 1962

Benseghir Rabah (premier vice-président de délégation spéciale. Sans arrété)

1962 à 1963
Khaloui Mohamed-Tahar
De mai 1963 à 1965

Bensaadi Mohamed dit Boudjeld ( élu après éléction)

1965 à 1969
Benssadi Mohamed
De février 1969 à mars 1975
Hamimid Mohamed-Lamine
1975 à 1979
Benharira Smaïl
1979 à 1984
Zouaoui Ahmed
1984 à 1989
Chelakh Moussa ( première élection multipartiste. FIS)

1990 à 1992

APC dissoute

Bendrimia Layachi (délégation spéciale)
1995 à 1997
Merrouche Ali
Bref passage de quelques mois
Benhamimid Abdelhamid ( nouvelles élections multipartiste) RND
1997 à 2002
Merrouche Farid. FLN D'octobre 2002 à octobre 2007.
Sayah Ahmed. Hammas
Depuis octobre 2007.